L'abattage des vaches...

 

L'abattage des vaches, un péché qui conduira à
une guerre mondiale, sans merci.



Conversation entre le Kazi, gouverneur de l'état
de Navadvipa, et le Seigneur Caitanya Mahaprabhu


verset 120

"Ils dansèrent ( les dévots avec le Seigneur Caitanya ) ainsi continuellement pendant douzes, et le soir venu, ils allèrent tous prendre un bain dans le Gange avant de retourner chez eux."

verset 121

"Le Seigneur ordonna à tous les habitants de Navadvipa de chanter le mantra Hare Krishna, et chaque foyer se mit à pratiquer régulièrement le sankirtana."

verset 122

[Tous les dévots chantaient ce chant populaire avec le maha-mantra Hare Krishna:] " haraye namah krishna, yadavaya namah / gopala govinda rama sri madhusudana..."]

verset 123

Quand le mouvement de sankirtan commença à prendre son essor, on entendait plus rien d'autre à Navadvipa que les mots " Hari ! Hari ! " et le son du mridanga et les karatalas.

verset 124

En entendant résonner la vibration sonore du mantra Hare Krishna, les musulmans de l'endroit, très irrités, allèrent se plaindre au Kazi.

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Le phaujadara, le magistrat de la ville, s'appelait le kaji (Kazi). Les jamidaras (Zamindars), ou propriétaires terriens (mandaleras), percevaient des impôts sur le terrain, mais il revenait au Kazi de faire respecter la loi et l'ordre et de punir les criminels. Le Kazi et les propriétaires terriens étaient subordonnés au gouverneur du Bengale, qui était à cette époque Suba-bangala. Les districts de Nadia, Islâmpura et Bagoyana étaient tous gouvernés par le Zamindar nommé Hari Hoda ou par son descendant, nommé Krishnadàsa Hoda. Il est dit que le Chand Kazi fut le maître spirituel de Nawab Hussain Shah. Selon certains il s'appelait Maulana Sirajuddina, et selon d'autres il s'agissait de Habibara Rahamana. Des descendants du Chand Kazi vivent encore aux alentours de Mayapura. Les gens vont encore voir la tombe du Chand Kazi, qui se trouve sous un arbre campaka et que l'on appelle le samadhi du Chand Kazi. 

verset 125

En colère, le Chand Kazi entra un soir dans une maison, et quand il vit que les gens faisaient un kirtan, il brisa un mridanga et dit :

verset 126

" Jusqu'à ce jour, vous n'observiez pas les principes régulateurs de la religion hindoue, mais voilà maintenant que vous les suivez avec beaucoup d'enthousiasme. Puis-je savoir qui a la puissance de vous faire agir ainsi ?

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

On voit que depuis l'agression de Vaktiyka Khiliji au Bengale jusqu'à l'époque du Chand Kazi, les hindous, adeptes des principes védiques, étaient sujets à de sévères mesures de répression. Tout comme dans le cas des hindous du Pakistan actuel, presque personne à l'époque ne pouvait pratiquer librement les principes religieux hindous. Le Chand Kazi évoque ici cette condition de la communauté hindoue. Auparavant les hindous n'avaient pas été très fidèles à leurs principes religieux, mais voilà qu'ils chantaient maintenant librement le maha-mantra Hare Krishna. Il devait donc y avoir quelqu'un de très puissant qui les rendait si hardis. En fait, c'était bien la vérité. Les membres de la communauté hindoue observaient bien les règles et les usages sociaux, mais ils avaient quasiment oublié de se conformer strictement à leurs principes religieux. Mais en la présence de Sri Caitanya Mahàprabhu, ils se mirent vraiment à respecter les principes régulateurs sur Son ordre. Cet ordre vaut encore aujourd'hui, et on peut l'exécuter partout, dans n'importe quelle partie du monde. Cet ordre est que chacun devienne un maître spirituel sous la direction de Sri Caitanya Mahaprabhu en suivant les principes régulateurs, en récitant chaque jour au moins seize chapelets du maha-mantra Hare Krishna, et en prêchant le culte de la conscience de Krishna dans le monde entier. Si nous nous conformons à l'ordre de Sri Caitanya Malaprabhu, nous gagnerons sans aucun doute une grande force spirituelle et nous serons libres de prêcher ce culte du mouvement Hare Krishna sans que personne ne nous en empêche. 

verset 127

"Personne ne doit se livrer au sankirtana dans les rues de la ville. Pour aujourd'hui j'excuse le délit et je retourne chez moi." 

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Les membres du mouvement Hare Krishna ont eux aussi reçu à maintes reprises l'ordre de ne plus se livrer au sartkirtana dans les rues des grandes villes du monde. Nous avons des centaines de centres dans le monde entier, et nous avons été persécutés en particulier en Australie. La police nous a arrêtés de nombreuses fois dans la plupart des villes du monde occidental, mais nous exécutons néanmoins l'ordre de Sri Caitanya Mahaprabhu en chantant dans les rues de toutes les villes importantes, comme New York, Londres, Chicago, Sydney, Melbourne, Paris et Hambourg. Nous avons été malmenés par la police à Paris, à Tours également. C'était régulier, les camions arrivaient en force et les policiers nous emmenaient au poste et nous y gardaient, parfois, un certain temps. Nous devons nous souvenir que de semblables incidents eurent lieu par le passé, il y a cinq cents ans, et le fait qu'ils surviennent encore aujourd'hui indique que notre mouvement de sartkirtana est véritablement authentique, car s'il ne s'agissait que d'un insignifiant phénomène matériel, les êtres démoniaques ne s'y opposeraient pas. Les démons de l'époque essayèrent de faire obstacle au mouvement de sarikirtana lancé par Sri Caitanya MahAprabhu. De même, les démons d'aujourd'hui essaient de faire obstacle au sankirtana auquel nous nous livrons dans le monde entier, et ceci prouve que notre mouvement demeure pur et authentique, suivant l'exemple de Sri Caitanya Mahaprabhu.

verset 128

"La prochaine fois que je vois quelqu'un se livrer à ce sankirtana, pour sûr je le punirai non seulement en confisquant tous ses biens, mais en plus en le convertissant en musulman."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :
  

Convertir un hindou en musulman était chose facile à cette époque. Il suffisait qu'un musulman asperge d'eau le corps d'un hindou pour que celui-ci soit considéré comme transformé en musulman. Pendant la période de transition des britanniques au Bengladesh, au cours des dernières émeutes entre hindous et musulmans, les musulmans convertirent quantité d'hindous à l'Islam en introduisant de force de la viande de vache dans leur bouche. La communauté hindoue était si rigide à l'époque du Seigneur Caitanya que si un hindou était ainsi changé en musulman, il n'avait plus aucune chance de retrouver sa condition d'origine. C'est ainsi que la population musulmane augmenta en Inde. Aucun des musulmans ne vint de l'extérieur; les usages sociaux obligèrent d'une façon ou d'une autre les hindous à devenir des musulmans, sans la moindre chance de retrouver une place dans la communauté hindoue. L'empereur Aurangzeb instaura également un impôt que les hindous devaient payer pour le simple fait d'être hindous. Tous les hindous de condition modeste devinrent alors volontairement musulmans pour éviter d'avoir à payer cet impôt. Voilà comment la population musulmane augmenta en Inde. Le Chand Kazi menaça les gens de les convertir à l'Islam par le simple fait de les asperger d'eau.

verset 130

Le Seigneur Caitanya leur ordonna : Continuez le sankirtan ! Aujourdh'hui, je tuerai tous les musulmans !"

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Gandhi est connu pour avoir lancé le mouvement de désobéissance civile non violente en Inde, mais environ cinq cents ans avant lui, Srichaque fois que se présentent des obstacles, le mouvement Hare Krsna doit anéantir l'opposition en recourant à la raison et à la discussion et mettre ainsi un terme à son comportement démoniaque. Si nous nous montrions violents dans tous les cas, il nous serait difficile de poursuivre nos activités. Nous devons donc suivre l'exemple du Seigneur Caitanya Mahaprabhu, qui désobéit à l'ordre du Chand Kazi mais le fit se soumettre par la raison et par Ses arguments. chaque fois que se présentent des obstacles, le mouvement Hare Krsna doit anéantir l'opposition en recourant à la raison et à la discussion et mettre ainsi un terme à son comportement démoniaque. Si nous nous montrions violents dans tous les cas, il nous serait difficile de poursuivre nos activités. Nous devons donc suivre l'exemple du Seigneur Caitanya Mahaprabhu, qui désobéit à l'ordre du Chand Kazi mais le fit se soumettre par la raison et par Ses arguments. 

verset 131

Retournant chez eux, tous les habitants se mirent à pratiquer le sankirtan, mais à cause de la défense du Kazi, au lieu d'être paisible, ils se sentaient toujours plein d'anxiété.

verset 132

Comprenant l'inquiétude qui tourmentait leur esprit, le Seigneur les réunit et leur parla en ces termes :

verset 133

"Ce soir J'ammènerai le sankirtana dans chaque bourgade. Vous devez donc décorer votre ville pour cette soirée.

verset 134

Le soir venu, allumez des torches dans chaque maison. je vous protègerai tous. Voyons quel genre de magistrat va venir arrêter notre kirtan."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

A cette époque, Navadvipa se composait de neuf petites viles, ce qui donne leur raison d'être au mot nagare nagare. Sri Chaitanya Mahaprabhu voulait faire un kirtan dans chacune de ces bourgades voisines. Il ordonna que la ville de Navadvipa soit décorée pour l'occasion.

verset 135

Dans la soirée, le Seigneur Gaurasundara sortit et forma trois groupes de kirtans

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Voilà comment organiser un kirtan dans une procession. A l'époque de Sri Caitanya, un groupe se composait de vingt et un hommes : quatre jouaient du mridanga, un menait le chant, et les seize autres jouaient des karatalas et répondaient à celui qui menait le chant. Si beaucoup d'hommes se joignaient au mouvement de sankirtan, ils peuvent suivre l'exemple de Sri Caitanya et former différents groupes selon les circonstances et le nombre d'hommes disponibles.

verset 136

Dans le groupe de tête dansait Thakura Haridasa, et c'est Advaita Acarya qui dansait plein d'allégresse dans le groupe du milieu.

verset 137

Le Seigneur Gaurasundara Lui-même dansait dans le dernier groupe, et Sri Nityananda Prabhu évoluait au gré de la danse du Seigneur Caitanya.

verset 138

Par la grâce du Seigneur, Srila Vrindavana dasa Thakura a décrit cet événement en détail dans son Caitanya-mangala.

verset 139

Accomplissant ainsi un kirtan qui les mena dans tous les coins de la ville, ils parvinrent finalement à la porte de la résidence du Kazi.

verset 140

Murmurant de colère et faisant entendre un puissant grondement, les manifestants, sous la protection du Seigneur Caitanya, sentiren la fièvre monter en eux.

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Le Kazi avait donné l'ordre de ne pas se livrer au kirtana, au chant collectif du saint nom du Seigneur. Mais quand cet ordre fut transmis au Seigneur Caitanya Mahaprabhu, Il ordonna de répondre au Kazi par un mouvement de désobéissance civile. Le Seigneur Caitanya et tous Ses dévots, avec leur enthousiasme naturel bien que mêlé d'agitation, devaient faire beaucoup de bruit avec leurs cris puissants. 

verset 141

Le bruit de ce puissant kirtana fit évidemment très peur au Kazi, qui se terra dans sa chambre. Entendant la rumeur de colère et les protestations des gens, il ne voulait pas sortir de chez lui. 

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

L'ordre du Kazi interdisant le sankirtana. ne put tenir que tant qu'il n'y eut pas de désobéissance civile. Sous la direction du Seigneur Suprême, Sri Caitanya Mahaprabhu, les manifestants, de plus en plus nombreux, désobéirent à l'ordre du Kazi. Ils s'assemblèrent par milliers et formèrent différents groupes, chantant le maha-mantra Hare Krishna au milieu d'un tumulte de protestations. Le Kazi eut donc très peur, ce qui est bien naturel en de telles circonstances. Aujourd'hui également, les gens du monde entier peuvent se réunir dans le mouvement pour la conscience de Krishna et protester contre les gouvernements dégradés qui dirigent les populations athées du monde actuel, lesquelles fondent toute leur vie sur le péché. Le Srimad-Bhagavatam affirme que dans l'âge de Kali, les voleurs, les bandits et les individus de quatrième ordre sans éducation ni culture s'emparent des postes des gouvernements pour exploiter les citoyens. C'est là un symptôme du kali-yuga qui a déjà fait son apparition. Les gens ne peuvent pas sentir que leur vie et leurs biens sont en sécurité, mais les soi-disant gouvernements poursuivent néanmoins leurs agissements et les ministres se font grassement rémunérer bien qu'ils soient incapables de faire quoi que ce soit de bien pour la société. Le seul remède à cette situation est d'encourager le mouvement de sankirtana sous la bannière de la conscience de Krishna et de protester contre les activités pécheresses de tous les gouvernements du monde. Le mouvement pour la conscience de Krishna n'a rien d'un mouvement religieux sentimental; il s'agit d'un mouvement se donnant pour mission de réformer toutes les anomalies de la société. Si les gens remplissent ce devoir de façon méthodique, scientifique, comme Sri Caitanya Mahâprabhu l'a ordonné, le monde connaîtra alors la paix et la prospérité au lieu d'être plongé sans espoir dans la confusion par des gouvernements dénués de valeur. Une société comporte toujours des bandits et des voleurs, et dès qu'un gouvernement faible se montre incapable d'assumer ses devoirs, ces bandits et ces voleurs se manifestent et se livrent à leurs méfaits. La société entière devient alors un enfer dans lequel les honnêtes gens ne peuvent plus vivre. Il y a maintenant un besoin immédiat d'instaurer un bon gouvernement —un gouvernement assumé par les citoyens, en toute conscience de Krishna. Tant que les masses ne deviennent pas conscientes de Krishna., il ne peut y avoir d'hommes de valeur. Le mouvement pour la conscience de Krishna que Sri Caitanya Mahaprabhu lança en chantant le mand-mantra Hare Krishna a conservé sa puissance. Les gens doivent donc essayer de le comprendre sérieusement et scientifiquement et de le répandre dans le monde entier. On trouve une description du mouvement de sankirtana lancé par Sri Caitanya Mahaprabhu dans le Caitanya-bhagavata, Madhya-khanda, chapitre vingt-trois, commençant par le verset 241 où apparaît cette prière : "Mon cher Seigneur, que mon mental soit fixé sur Tes pieds pareils-au-lotus." Faisant écho au Seigneur Caitanya, tous les dévots répétaient les paroles qu'Il chantait. Le Seigneur entraînait ainsi toute la manifestation par les routes étroites qui longent le Gange. Quand Il arriva à Son propre ghâta, l'endroit où Il Se baignait, Il dansa avec une intensité croissante. Puis Il Se dirigea vers le gata de Madhai. Ainsi Sri Caitanya Mahaprabhu, le Seigneur Suprême, que l'on appelait Visvambhara, dansa tout au long des rives du Gange. Il Se dirigea alors vers le Barakona-ghata, puis vers le Nagariya-ghâta, traversa le Ganganagara et parvint à Simuliya, un quartier marquant l'une des extrémités de la ville. Tous ces endroits entourent Sri Mayapur. Après avoir atteint Simuliya, le Seigneur Se dirigea vers la maison du Chand Kazi et finit ainsi par atteindre sa porte. 

verset 142

"Naturellent, certains manifestants, très agités, voulurent se venger des agissements du Kazi et commencèrent à saccager sa maison et son jardin de fleurs. Srila Vrindavana dasa Thakura a décrit en détail cet incident."

verset 143

"Puis, quand Sri Caitanya Mahaprabhu parvint à la porte du Kazi, Il S'assit dans l'entrée et fit mander le Kazi par des hommes respectables."

verset 144

Lorsque le Kazi arriva, la tête baissée, le Seigneur lui témoigna le respect qui lui était dû et lui offrit un siège."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Certains des hommes ayant pris part au mouvement de désobéissance civile de Sri Caitanya Mahaprabhu étaient agités car ils ne pouvaient maîtri-ser leur mental. Le Seigneur, au contraire, demeurait parfaitement paisible, sobre et imperturbable. Ainsi, quand le Kazi descendit pour Le voir, Sri Cai-tanya Mahâ-prabhu lui témoigna le respect qui lui était dû et lui offrit un siège car il s'agissait d'un respectable fonctionnaire du gouvernement. Le Seigneur nous montra ainsi par Son exemple comment nous devons nous conduire. Il se peut que nous ayons à affronter des jours difficiles tandis que nous nous efforçons à répandre ce mouvement de santirtan en faveur de la conscience de Krishna, mais nous devons toujours suivre l'exemple de Caitanya Mahaprabhu et faire le nécessaire selon le temps et les circonstances.

verset 145

Sur un ton amical, le Seigneur dit : " Je suis venu chez toi en invité, mais losque tu M'as vu, tu t'es caché dans tes appartements. Quelle sorte d'étiquete est-ce là ?"

verset 146

Le Kazi répondit : " Tu es venu chez moi animé d'une grande colère. C'est pour T'apaiser que je ne suis pas venu tout de suite et que je me suis caché. "

verset 147

" Maintenant que Tu T'es apaisé, je viens à Toi. C'est une grande fortune pour moi de recevoir un invité de Ta classe."

verset 148

"Selon les liens propres à notre village, Nilâmbara Cakravarti Thâkura était mon oncle. Ce genre de relation est plus fort encore qu'un lien de parenté. 

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :


En Inde, même dans les villages reculés, toutes les communautés hindoues et musulmanes avaient l'habitude de vivre très paisiblement en établissant des liens entre elles. Les jeunes gens appelaient les aînés du village caca ou kaka, "oncle", et les hommes du même âge s'appelaient mutuellement dada, "frère". Les rapports étaient très amicaux. Les familles musulmanes invitaient même les familles hindoues et vice-versa. Hindous et musulmans acceptaient ainsi les invitations réciproques et se retrouvaient les uns chez les autres à l'occasion de différentes cérémonies. Jusqu'à il y a encore à peine cinquante ou soixante ans, les rapports entre hindous et musulmans étaient très amicaux et il n'y avait aucun trouble. Nous n'avons connu aucune émeute entre hindous et musulmans dans l'histoire de l'Inde, même lorsque les musulmans règnaitent sur le pays. Les conflits entrte hindous et musulmans furent suscités par des politiciens véreux, surtout par des puissances étrangères, et c'est ainsi que la situation dégénéra graduellement à tel point que l'Inde fut divisée en Hindoustan et Pakistan. Heureusement, le remède pour unir non seulement les hindous et les musulmans, mais toutes les communautés et toutes les nations peut encore être appliqué par le mouvement Hare Krishna sur la base solide de l'amour de Dieu.

verset 149

" Nilambara Cakravarti est Ton grand-père maternel, et en vertu de ce lien;Tu es mon neveu.

verset 150

" Quand un neveu est très en colère, son oncle maternel se montre tolérant, et quand l'oncle maternel commert une offense, le neveu n'y attache, pas d'importance."

verset 151

Ainsi le Kazi et le Seigneur s'entretinrent-ils, mais, malgré différentes indications, personne ne pouvait comprendre le sens profond de leur conversation.

VERSET 152

Le Seigneur dit :
" Mon cher oncle, Je suis venu chez toi simplement pour te poser quelques questions." 
" Oui" répondit le Kazi, " Tu es le bienvenu. Dis-moi ce que Tu as en tête.

verset 153

Le Seigneur dit :" Tu bois le lait des vaches ; donc la vache est ta mère. Et le boeuf produit les céréales ( par le labour des terres ) dont tu as besoin pour vivre; il est donc ton père.

verset 154
 
" puisque le boeuf et la vache sont ton père et ta mère, comment peux-tu les tuer et les manger ? Quelle sorte de principe est-ce là ? Comment peux-tu oser commettre de tels péchés ? "

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Tout le monde peut comprendre que les vaches nous donnent leur lait et que les boeufs nous aident à produire les denrées agricoles. En conséquence, puisque notre véritable père nous donne les céréales et que notre véritable mère nous donne le lait qui nous permet de vivre, le boeuf et la vache sont considérés comme notre père et notre mère. Selon la culture védique, il existe sept mères, parmi lesquelles la vache. C'est pourquoi Sri Caitanya Mahaprabhu défia le Kazi musulman en disant : "Quelle sorte de principes religieux suis-tu lorsque tu tues ton père et ta mère pour les manger ?" Aucun être civilisé ne songerait à tuer son père et sa mère pour les manger. C'est pourquoi Sri Caitanya Maha-prabhu contesta les principes de la religion musulmane en les accusant d'autoriser le parricide. Dans la religion chrétienne également, l'un des principaux commandements est : "Tu ne tueras point." Pourtant, les chrétiens violent cette règle; ils sont très experts à tuer et à faire fonctionner les abattoirs. Dans notre mouvement pour la conscience de Krishna, notre première règle est que personne n'a le droit de manger de la chair animale d'aucune sorte. Cette règle s'applique à la chair des vaches comme à celle des chèvres, mais nous insistons particulièrement sur l'interdiction de manger de la chair de vache, car selon les sastras la vache est notre mère. Ainsi Sri Caitanya Mahàprabhu S'opposa au fait que les musulmans tuent les vaches. 

verset 155

Le Kazi répondit :" De même que tu as Tes Ecritures, les Vedas et les Puranas, nous avons les nôtres, que nous appelons le Saint Coran.

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Chand Kazi accepta de discuter avec Sri Caitanya Mahaprabhu sur la base des Ecritures. Selon les Ecritures védiques, si l'on étaye ses arguments par des citations tirées des Vedas, ils sont irrécusables. De même, quand les musulmans font valoir des citations du Coran, leurs arguments sont également authentiques. Lorsque Sri Caitanya Mahaprabhu souleva la question de l'abattage du boeuf et de la vache pratiqué par les musulmans, le Chand Kazi se plaça du point de vue de ses Ecritures. 

verset 156

"Selon le Coran, il existe deux façon de progresser : en augmentant la tendance à jouir des plaisirs matériel et en diminuant cette tendance. La voie qui commande de réduire l'attachement ( nivritti-marga ) interdit de tuer les animaux.

verset 157

" La voie des activités matérielles comporte certaines règles à propos de l'abattage des vaches. Si on les tue conformément aux Ecritures, on ne commet pas de péché.

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Le mot sastra vient du dhatu, ou racine verbale, sas. Sas-dhatu indique le fait de diriger ou de gouverner. Un gouvernement qui règne par la force ou par les armes est qualifié de sastra. Ainsi le fait de diriger, que ce soit par des armes ou par des instructions, fait-il intervenir le principe du sas-dhatu. Entre le sastra (diriger en employant les armes) et le sastra (diriger en faisant valoir les injonctions des Ecritures), c'est le sastra le meilleur. Nos Ecritures védiques ne sont pas des textes de lois ordinaires relevant du bon sens humain; ce sont les affirmations d'êtres véritablement libérés qui ne sont pas soumis à l'imperfection des sens. Le sastra doit toujours être correct, non pas tantôt correct, tantôt incorrect. Les Ecritures védiques présentent la vache comme une mère. Cela reste donc valable quelle que soit l'époque; ce n'est pas, comme le disent des scélérats, qu'elle était une mère dans les temps védiques, mais qu'elle ne l'est plus aujourd'hui. Si le sastra est une autorité, la vache est et demeurera toujours une mère. C'était une mère dans les temps védiques, et elle l'est également en cet âge. Celui qui agit en se conformant aux injonctions des sastras s'affranchit par là des réactions dues aux activités pécheresses. Par exemple, l'âme conditionnée a une tendance naturelle à vouloir manger de la viande, boire du vin et s'adonner aux plaisirs charnels. La voie permettant de connaître ces plaisirs s'appelle pavrtti-marga. Les sastras disent: pavrittir esam bhutanam nivrittis tu mahà phalam —il ne faut pas se laisser entraîner par les tendances propres à la vie conditionnée et imparfaite; on doit plutôt se faire guider par les principes énoncés dans les sastras. La tendance de l'enfant est de vouloir jouer toute la journée, mais les sastras ordonnent aux parents de prendre soin de son éducation. Les sastras existent à seule fin de guider les hommes dans leurs activités. Cependant, les gens ne se réfèrent pas aux instructions des sastras, qui sont exemptes de tous défauts et de toutes imperfections, et c'est pourquoi ils se laissent fourvoyer par de soi-disant professeurs et dirigeants ayant toutes les déficiences de l'âme conditionnée. 

verset 158

En savant qu'il était, le Kazi répliqua : " Tes Ecritures védiques comportent une règle selon laquelle on peut tuer une vache. En vertu de cette règle, de grands sages accomplirent des sacrifices au cours desquels on met à mort une vache."

verset 159

Réfutant les paroles du Kazi, le Seigneur répondit aussitôt : " Les Védas stipulent clairement que l'on ne doit pas tuer les vaches. En conséquence, aucun hindou, quel qu'il soit, ne tuera jamais une vache."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Les Ecritures védiques comportent des concessions destinées aux mangeurs de viande. Ceux qui veulent manger de la chair diront qu'ils peuvent manger une chèvre ayant été sacrifiée à la déesse Kali; ils n'ont pas le droit de se fournir au marché ou à l'abattoir. Il n'est fait aucune concession concernant le fait d'entretenir des abattoirs pour satisfaire le palais des mangeurs de viande. Pour ce qui est des vaches, il est totalement interdit de les tuer. Puisque la vache est considérée comme une mère, comment les Vedas pourraient-ils permettre qu'on la tue? Sri Caitanya Mahaprabhu montra que les assertions du Kazi étaient incorrectes. La Bhagavad-gita (18.44) stipule clairement que l'on doit protéger les vaches : krisi-go-raksya-varnijyam vaisya-karma svabhava-jam —"Le devoir des vaisyas consiste à obtenir des produits agricoles, à faire du commerce et à protéger les vaches." Il est donc faux de dire que certaines prescriptions des Ecritures védiques autorisent l'homme à tuer les vaches. 

verset 160

"Il est précisé dans les Védas et les Puranas que l'on peut tuer un être vivant à des fins expérimentales si on est capable de le ramener à la vie.

verset 161

"Voilà pourquoi les grands sages tuaient parfois de vieux animaux, et en chantant des hymnes védiques, ils les ramenaient à la vie de telle sorte qu'ils puissent s'élever vers la perfection.

verset 162

" Lorsqu'ils tuaient ces vieux animaux invalides et les ramenaient à la vie tout rajeunis, il ne s'agissait pas vraiment de les tuer, mais de les faire bénéficier de conditions bien meilleures.

verset 163

" Il existait jadis de puissants brahmanas qui pouvaient faire de telles expériences en faisant appel aux hymnes védiques; mais aujourd'hui, à cause du Kali-yuga, les brahmanas n'ont plus ce pouvoir. Aussi est-il interdit de tuer les vaches et les boeufs pour les ramener à la vie.

verset 164

" En cet âge, cinq coutumes sont interdites : immoler un cheval en sacrifice, immoler une vache en sacrifice, adopter l'ordre du sannyasa, faire des offrandes de chair aux ancêtres et concevoir des enfants avec la femme de son frère.

verset 165

" Puisque vous, les musulmans, vous ne pouvez ramener à la vie les animaux que vous tuez, vous êtes responsables de leur mort. Vous allez donc en enfer, sans aucune chance de salut.

verset 166

" Ceux qui tuent une vache sont condamnés à croupir en enfer pendant autant de milliers d'années qu'il y a de poils sur le corps de cette vache.

verset 167

" Vos Ecritures comportent beaucoup d'erreurs et d'aberrations. Ceux qui les ont compilées, ne connaissant pas l'essence du savoir, ont donné des instructions contraires à la raison et à la logique. "

verset 168

Lorsqu'il eut entendu ces paroles de Sri Caitanya Mahàprabhu, le Kazi demeura interdit et ne sut rien répondre. Après mûre réflexion, il accepta sa défaite et parla en ces termes. 

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Au cours de notre prédication nous rencontrons de nombreux chrétiens qui se réfèrent aux paroles de la Bible. Lorsque nous leur demandons si Dieu est limité ou illimité, les prêtres chrétiens disent que Dieu est illimité. Mais lorsque nous leur demandons pourquoi ce Dieu illimité devrait avoir un seul fils et non pas un nombre infini, ils sont incapables de répondre. De même, d'un point de vue rationnel, les réponses offertes par l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran à de nombreuses questions ont changé. Mais un sastra ne peut pas changer au gré d'un individu. Tous les sastras doivent être exempts des quatre défauts de la nature humaine. Les assertions des sastras doivent être correctes de tout temps. 

verset 169

"Mon cher Nimai Pandita, ce que Tu as dit est parfaitement vrai. Nos Ecritures sont de date récente, et elles manquent certes de logique et de philosophie. 

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Les sastras des yavanas, des mangeurs de viande, ne sont pas des Ecritures éternelles. Elles ont été compilées récemment et se contredisent parfois les unes les autres. Il existe trois Ecritures pour les yavanas: l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran. Elles furent compilées à un certain moment de l'histoire du monde et ne constituent pas un enseignement éternel comme la connaissance védique. En conséquence, bien qu'elles aient leurs arguments et leurs raisonnements propres, elles ne sont ni très profondes ni transcendantales. De ce fait, l'homme moderne versé dans la science et la philosophie juge ces Ecritures inacceptables. Des prêtres chrétiens viennent parfois nous demander : "Pourquoi vos disciples abandonnent-ils nos Ecritures pour accepter les vôtres ?" Mais lors-que nous leur demandons : "Votre Bible dit 'Ne tue pas.' Pourquoi alors tuer tant d'animaux chaque jour?", ils ne savent quoi répondre. Certains donnent pour réponse imparfaite que les animaux n'ont pas d'âme. Mais nous leur demandons alors : "Comment savez-vous que les animaux n'ont pas d'âme? Les animaux et les enfants sont de même nature. Cela signifie-t-il que les enfants humains eux aussi n'ont pas d'âme ?" Selon les Ecritures védiques, dans le corps se trouve le propriétaire du corps, l'âme. Dans la Bhagavad-gita (2.13), on peut lire : 

dehino 'smin yatha dehe
kaumaram yauvanam jara
tatha dehantara-praptir
dhiras tatra na muhyati 

"A l'instant de la mort, l'âme prend un nouveau corps, aussi naturellement qu'elle est passée, dans le précédent, de l'enfance à la jeunesse, puis à la vieillesse. Ce changement ne trouble pas qui a conscience de sa nature spirituelle." Du fait que l'âme se trouve à l'intérieur du corps, ce dernier change et affecte toutes sortes de formes. Il y a une âme dans le corps de chaque être vivant —animal, arbre, oiseau ou être humain— et cette âme transmigre d'une sorte de corps dans une autre sorte de corps. Comme les Ecritures des yavanas —l'Ancien Testament, le Nouveau Testament et le Coran— ne peuvent répondre convenablement aux questions de leurs adeptes, ceux qui sont versés dans la connaissance scientifique et philosophique perdent naturellement foi en de telles Ecritures. Le Kazi admit cela lors de son entretien avec Sri Caitanya Mahaprabhu. Ce Kazi était un homme très intelligent. Il était parfaitement conscient de sa position, comme nous le montrera le verset suivant. 

verset 170

" Je sais que nos Ecritures regorgent de concepts imaginaires et erronés, néanmoins, parce que je suis un musulman, je les accepte au nom de ma religion malgré leur fondement insuffisant.

verset 171

" Les raisonnements et les arguments que l'on trouve dans les Ecritures des mangeurs de viande ne sont pas très profonds ni très solides, conclut le Kazi. Lorsque Sri Caitanya Mahaprabhu entendit prononcer ces paroles, Il sourit et lui posa la question suivante.

verset 172

" Mon cher oncle maternel, Je voudrais te poser une question. Dis-Moi la vérité je te prie. N'essaie pas de Me tromper avec des faux fuyants.

verset 173

" Dans ta ville, le chant collectif du saint nom se poursuit toujours. Le bruit des instruments de musique, des chjants et des danses y résonnent constamment avec force.

Verset 174

" En tant que magistrat musulman, tu as le droit de t'opposer à la célébration des cérémonies hindoues, mais présentement tu ne les interdis pas. Je ne comprends pas pourquoi. "

verset 175

Le Kazi dit : " Tout le monde Te nomme Gaurahari. Permets que je T'appelle par ce nom.

verset 176

" Ecoute-moi, je te prie, ô Gaurahari! Si Tu viens dans un endroit solitaire, retiré, je T'expliquerai pourquoi."

verset 177

Le Seigneur répondit: " Tous cers hommes sont Mes compagnons intimes. Tu peux parler ouvertement. Tu n'as rien à craindre d'eux."

versets 178-179

Le Kazi dit: " Lorsque j'ai cassé un tambour chez un hindou et que j'ai interdit la célébration du chant collectif,cette même nuit, j'ai vu dans mes rêves un lion effrayant qui rugissait très fort; Il avait le corps d'un être humain et la tête d'un lion.

verset 180

" Pendant que je dormais, le lion bondit sur ma poitrine avec un rictus féroce et en faisant grincer Ses crocs.

verset 181

" Posant Ses griffes sur ma poitrine, le lion dit sur un ton sévère : " Je vais immédiatement te déchirer la poitrine comme tu as brisé le mridanga !

verset 182

" Tu as interdit la célébration de Mon chant collectif. Je dois donc te faire périr ! " Terrifié, je fermai les yeux et me mis à trembler.

verset 183

" Lorqu'il vit mon effroi, le lion dit : " Je t'ai imposé cette défaite à seule fin de t'enseigner une leçon, mais Je dois Me montrer miséricordieux avec toi.

verset 184

" Ce jour-là, tu n'as pas causé trop d'ennuis. C'est la raison pour laquelle Je t'ai pardonné et ne t'ai pas ôté la vie.

verset 185

" Mais si tu recommences à agir ainsi, Je ne Me montrerai pas tolérant. Cette fois-ci Je te tuerai, avec toute ta famille et tous les mangeurs de viande.'

verset 186

" Après avoir prononcé ces paroles, le lion S'en alla, mais j'avais très peur de Lui. Vois donc sur ma poitrine les marques de Ses griffes ! "

verset 187

Après ce récit, le Kazi montra sa poitrine. Toutes les personnes qui l'avaient écouté et qui virent les marques, acceptèrent l'authenticité de cette histoire extraordinaire.




Les personnes qui feront obstruction au mouvement de sankirtan du Seigneur Caitanya Mahaprabhu ne seront pas épargnées.