Comment et pourquoi dével....

 

Comment et pourquoi développer notre amour pour Dieu, Krishna ???
Ramananda Raya répond à cette question au Seigneur Caitanya.


Srila Prabhupada s"adresse à ses disciples:



Pradyumna :

"Le principe de base de notre  condition  naturelle est que nous avons une propension générale à aimer quelqu'un. Personne ne peut vivre sans aimer quelqu'un d'autre. Cette propension est présente dans chaque être vivant. Même un animal comme un tigre a cette propension à aimer, au moins à l'état de sommeil, et elle est certainement présente chez les êtres humains, mais le point manquant est l'endroit où diriger notre amour pour que chacun puisse devenir heureux.
"À l'heure actuelle, la société humaine enseigne à aimer son pays, sa famille ou son moi personnel, mais personne ne dit où diriger la propension à aimer pour que tout le monde puisse devenir heureux. Ce point manquant est Kṛiṣhṇa, et Le Nectar de La dévotion nous enseigne comment stimuler notre amour originel pour Kṛiṣhṇa et comment nous situer dans cette position où nous pouvons jouir de notre vie bienheureuse.

Au stade primaire, un enfant aime ses parents, puis ses frères et sœurs et, au fur et à mesure qu'il grandit, il commence à aimer sa famille, sa société, sa communauté, son pays, sa nation ou même toute la société humaine. la propension n'est pas satisfaite même en aimant toute la société humaine. Cette propension à aimer reste imparfaitement remplie jusqu'à ce que nous sachions qui est le Bien-aimé suprême. Notre amour ne peut être pleinement satisfait que s'il est dirigé vers Krishna ???

Srila Prabhupāda:

Hmm. Il y a un bel exemple à cet égard. Dans l'étang, réservoir d'eau, si vous laissez tomber une pierre, cela produit un cercle. Le cercle s’agrandit, s’agrandit, s’agrandissant ... À moins que le cercle n’atteigne la côte, il augmente. De même, notre propension à aimer augmente. Au stade primaire, un enfant, quoi qu’il ait, il le met dans la bouche. Anna-Brahman. Puis, au fur et à mesure que l'enfant grandit, il le distribue parfois à son autre frère ou à ses parents; l'amour augmente,  puis sur la famille, puis sur la communauté, sur la société, sur la nation, sur l'humanité.
Donc, cette augmentation de notre propension à aimer ne sera satisfaite que si elle atteint la personnalité suprême de Dieu. C'est cela le mouvement pour la conscience Kṛiṣhṇa. Nous aimons. La propension amoureuse est là. Même si nous n’avons pas de famille, nous gardons parfois des animaux de compagnie, des chats et des chiens pour les aimer. Donc nous sommes, par nature, des amoureux de quelqu'un d'autre. Alors ce quelqu'un d'autre est Kṛiṣhṇa. En fait, nous voulons aimer Kṛiṣhṇa, mais sans information sur Kṛiṣhṇa, sans conscience de Kṛiṣhṇa, notre propension à aimer est limitée, dans un certain cercle. Par conséquent, nous ne sommes pas satisfaits. Nitya-siddha kṛiṣhṇa-bhakti [Cc. Madhya 22.107]. Cette histoire d'amour, cette propension à aimer, existe éternellement, à aimer Kṛiṣhṇa. Tout comme Dhruva Mahārāja, quand il a rencontré la personnalité suprême de Dieu, il est devenu pleinement satisfait. Svāmin kṛtārtho 'smi varaṁ na yāce [Cc. Madhya 22.42].

Dans le monde matériel, si nous aimons quelqu'un, nous attendons  quelque chose en retour.  Ce n'est pas l'amour, c'est du bussness. L'amour pur est différent. L'amour pur, tel qu'il est décrit par le seigneur Chaitanya dans le Siksastakam,  dans son humeur de Rādhārāṇī envers Kṛiṣhṇa : āśliṣya vā pāda-ratāṁ pinaṣṭu mā mama-hatāṁ karotu vā [Śikṣāṣṭaka 8]. C’est Rādhārāṇī qui dit à Krishna: «Que tu m' embrasses ou me piétine, me néglige ou me brise le coeur par ton absence,  cela n’a aucune importance. Tu seras toujours mon unique objet d'amour que j'adore sans condition. " Mat-prāṇa-nāthas tu sa eva nāparaḥ. C'est du vrai amour. Et cet amour existe dans le cœur de chacun. Nitya-siddha kṛiṣhṇa-bhakti. Par ce processus de dévotion, nous pouvons réveillé notre amour latent pour Krishna, qui someille au plus profond de chacun de nous : âdau śraddhā tataḥ sâdhu-saṅgaḥ [Bhakti-rasāmṛta-sindhu 1.4.15], ... Sādhakānām ayaṁ premṇaḥ prādurbhāve bhavet kramaḥ [Cc. Madhya 23.14-15].

Il y a des étapes,  l'une après l'autre. Si nous pratiquons ... Sādhu-saṅge, sato vṛitteḥ ṣaḍbhir bhaktiḥ prasidhyati [Upadeśāmṛta 3]. Śrīla Rūpa Gosvāmī dit que le puissant amour pour Kṛiṣhṇa peut être rétabli, invoqué à nouveau, par la méthode prescrite. Sādhu-saṅge sato vṛitteḥ ṣaḍbhir bhaktiḥ prasidhyati. Utsāhān dhairyāt niścayāt. Quand tu as un peu le goût de l'amour de Kṛiṣhṇa ... Tout comme nous sommes assis ici. Nous avons peu de goût pour aimer Kṛiṣhṇa. Sinon, pourquoi devrions-nous perdre notre temps de cette façon? Ceci s'appelle śraddhā, la foi. Donc, cette śraddhā est également développée par l'association avec les sâdhus, les dévots.
Ensuite, si nous devenons peu enthousiastes ... Tout comme vous êtes devenus utsāhā. Vous avez quitté votre pays, tous, et vous allez partout, vous venez avec moi, pas pour un profit matériel, mais pour augmenter votre conscience de Krishna. Ceci s'appelle utsāhā, enthousiasme. Tout notre mouvement pour la  conscience Kṛiṣhṇa dépend de cet enthousiasme. Tout comme je suis venu dans votre pays. À l'âge de soixante-dix ans, personne ne sort de la maison. Mais il y avait de l'enthousiasme: "Oui, je dois y aller." Et parce que j'y suis allé, il y a eu un résultat. Alors, faîtes de même.

De même, l'enthousiasme est le principe de base, ādau. utsāhān dhairyāt. Vous devez être patient : "je travaille si dur pour Kṛiṣhṇa, mais je ne reçois aucune motivation" Non, ne soyez pas impatient. Kṛiṣhṇa vous donnera une chance. Il donne toujours sa chance, imperceptiblement. Mais nous ne savons  pas apprécier à sa juste valeur.  Kṛiṣhṇa voit nos efforts. Dans la mesure de nos possibilités, selon nos forces, Krishna nous rend responsable. Mais nous devons être patient ... Rassurez-vous, lorsque nous serons  à l'abri des pieds de lotus de Kṛiṣhṇa, sans aucune réserve, Kṛiṣhṇa sera ravi. Cela prendra peut-être du temps. Ceci s'appelle niścayād, certitude, assurance.
utsāhān dhairyāt niścayād tat-tat-karma-pravartanāt. Vous devez exécuter les tâches habituelles prescrites. Tat-tat-karma-pravartanāt. Vous ne pouvez pas aller à l'encontre des principes du service de dévotion. Avec patience, vous devez exécuter. Tat-tat-pravartanāt. Sato vṛtteḥ. Sato vṛtteḥ signifie que les échanges avec Krishna doivent être très honnêtes. Pas de duplicité, très franc, simple. Sato vṛtteḥ, sādhu-saṅge et avec l'association des dévots. Aḍbhir bhaktir praṇasya ..., euh, prasidhyati. De cette façon, notre propension à aimer Kṛiṣhṇa augmentera.

Atyāhāra, manger ou amasser  plus que les nécessités de chaque jour. C'est atyāhāra. Āhāra signifie manger et amasser, ahāra. Nous ne devrions donc pas collecter plus que ce dont nous avons besoin. Kṛiṣhṇa va donner, nous donner. De même, nous ne devrions pas manger plus que ce dont nous avons besoin pour maintenir le corps et l’esprit ensemble. Atyāhāra priāsaḥ, priāsaā. Nous ne devrions pas nous forcer à faire des choses qui demandent trop d’anxiété. Cela s'appelle priāsaḥ, atyāhāra priāsaḥ. Automatiquement, par la grâce de Kṛiṣhṇa, tous nos besoins viendront. atyāhāraḥ prayāsaś ca prajalpaḥ, parler inutilement, c'est un non-sens. Tout comme les gens perdent leur temps à parler trois heures sur une situation politique.  Ils ont assez de temps pour discuter de journaux, de conférences, etc...Mais quand ils sont invités à nos classes, ils ne trouvent pas de temps.

Nous ne devrions donc pas perdre notre temps, pas un seul instant. Le temps est très précieux. Dans votre pays, on dit: "le temps, c'est de l'argent". Donc, soit vous gagnez de l’argent, c’est artha ou paramartha, soit vous servez  Krishna. L'argent est nécessaire dans le monde matériel mais dans le monde spirituel, le paramartha est spirituel. Il n'y a pas ce genre de transaction. D'une manière ou d'une autre, même les matérialistes, ils ne perdent pas leur temps. Nous sommes donc engagés dans  la réalisation spirituelle. Comment pouvons-nous perdre notre temps? Le temps est très précieux. Donc, nous ne devrions pas perdre de temps.

Entretien entre Ramananda Raya et le Seigneur Caitanya :

L'auteur du Caitanya-caritamrita décrit Caitanya Mahaprabhou comme l'océan du savoir spirituel, et Sri Ramananda Raya, comme le nuage né de cet océan. Ramananda était en effet un grand érudit en ce qui a trait au service dévotionnel. Par la grâce du Seigneur Caitanya, il avait absorbé toutes les conclusions transcendantales, à l'instar du nuage qui tire son existence de l'océan. Et tout comme le nuage formé par l'évaporation de l'océan répand son eau de par le monde pour ensuite retourner à l'océan, Ramananda Raya avait accédé, par la grâce du Seigneur, à une connaissance supérieure du service de dévotion, et était allé retrouver Caitanya à Puri après s'être retiré de ses fonctions.

Au moment de visiter le sud de l'Inde, Caitanya Se rendit d'abord au grand temple de Jiyara-nrishingha-kshetra, situé au sommet d'une colline en un lieu du nom de Singhachalam, à huit kilomètres de la gare de Vishakha-pattane. On compte plusieurs temples dans la région, mais celui de Jiyara-nrishingha-kshetra est certes le plus grand, et l'un des plus riches grâce à sa popularité. Admirablement sculpté, il présente d'ailleurs encore un intérêt particulier pour nombre d'étudiants en art. Une inscription y révèle que le roi de Vijaya-nagar le fit jadis garnir d'or, et qu'il en recouvrit même la Déité. Pour mieux accommoder les visiteurs, le temple met des appartements gratuits à leur disposition, et l'administration en est assurée par des prêtres de l'ordre de Ramanujasarya. Lorsqu'Il visita ce temple, Sri Caitanya glorifia la Déité en citant un verset du Srimad-Bhagavatam : " Bien que Nrishimha soit très féroce envers les démons et les non-dévots, Il Se montre très bienveillant envers Ses dévots soumis, comme Prahlad. " (S.B., 7.9.1) Nrishimha est apparu comme un avatar de Krishna lorsque Prahlad, enfant dévot du Seigneur, était harcelé par Hiranyakasipu, son père. Tout comme le lion se montre très féroce envers les autres animaux mais très bienveillant et docile à l'égard de ses petits, le Seigneur Nrishimha, bien que redoutable pour Hiranyakasipu, était plein de douceur pour Son dévot Prahlad.

Après avoir visité le temple de Jiyara-nrishimha, le Seigneur voyagea encore plus au sud, jusqu'à atteindre les rives de la Godavari. Là, Il Se souvint de la Yamuna qui coule à Vrindavana, si bien que, transporté d'extase, Il confondit les arbres qui bordaient la rivière avec la forêt de Vrindavana. Après S'être baigné, le Seigneur S'assit légèrement en retrait de la rive et Se mit à chanter le mantra : Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare / Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare. C'est alors qu'Il vit arriver le gouverneur de la province, Sri Ramananda Raya, accompagné de son entourage, de nombreux brahmanas et de musiciens. Le Seigneur S'était enquis de Ramananda auprès de Sarvabhauma Bhattasharya, qui L'avait prié de rendre visite à ce grand dévot à Kabour. Conscient de ce que l'homme qui s'approchait n'était autre que Ramananda, le Seigneur souhaita le rencontrer sur-le-champ. Mais comme Il appartenait à l'ordre du renoncement, Il Se retint d'aller vers lui, qui était un politicien. Grand dévot qu'il était, Ramananda fut cependant fasciné par le Seigneur Caitanya, apparu sous les traits d'un sannyasi; aussi alla-t-il lui-même au-devant du Seigneur. Une fois auprès de Caitanya, Ramananda Lui offrit hommages et respects, tombant face contre terre. Le Seigneur l'accueillit en récitant le mantra : Hare Krishna, Hare Krishna, Krishna Krishna, Hare Hare / Hare Rama, Hare Rama, Rama Rama, Hare Hare. Quand Ramananda déclina son identité, Caitanya l'étreignit, et tous deux furent transportés d'extase. Les brahmanas qui accompagnaient Ramananda furent pour le moins étonnés de cette manifestation d'extase spontanée. Fermes tenants des rites, ils ne pouvaient saisir la signification de tels symptômes dévotionnels. Pour tout dire, ils furent frappés de stupeur de voir un noble sannyasi toucher un sudra, et Ramananda Raya, l'illustre gouverneur - pour ne pas dire le roi - de cette province, pleurer au seul contact d'un renonçant. Percevant les pensées des brahmanas, le Seigneur Caitanya réfréna Ses émotions pour ne pas les troubler davantage.

C'est alors que Caitanya et Ramananda s'assirent côte à côte. " Sarvabhauma Battacarya grandement loué tes qualités, aussi suis-Je venu te voir ", dit le Seigneur à Ramananda. " Sarvabhauma me considère comme un de ses disciples, répondit Ramananda; c'est pourquoi il T'a conseillé de venir me voir. " Ramananda appréciait grandement le fait que le Seigneur l'ait touché, lui, un homme du monde. Rois, gouverneurs et politiciens sont sans cesse accaparés par des questions politiques et financières; aussi les sannyasis les évitent-ils. Sachant toutefois que Ramananda était un grand dévot, le Seigneur Caitanya n'hésita ni à le toucher ni à l'étreindre. Étonné par la conduite de Caitanya, Ramananda cita un verset du Srimad-Bhagavatam : " De grands sages et nobles personnages se rendent chez des hommes du monde seulement pour leur témoigner leur miséricorde. " (S.B., 10.8.4)

Le traitement de faveur du Seigneur Caitanya à l'égard de Ramananda indique que, bien que ce dernier fût issu d'une famille de non-brahmanas, il avait atteint un très haut niveau de savoir et d'activité sur le plan spirituel. Aussi était-il plus vénérable qu'une personne simplement née d'une famille de brahmanas. Même si, par humilité, Ramananda se considérait comme issu d'une famille de sudras, de rang inférieur, Caitanya l'estimait parvenu au plus haut degré de dévotion spirituelle. Les dévots ne proclament jamais leur grandeur, mais le Seigneur Se montre très empressé de répandre les gloires de Ses dévots. Après cette première rencontre matinale sur les rives de la Godavari, Ramananda et Caitanya se séparèrent tout en convenant que le premier rejoindrait le second le soir venu.

Ce soir-là, lorsque le Seigneur eut fait Ses ablutions et Se fut assis, Il vit Ramananda Raya s'approcher en compagnie d'un serviteur. Après Lui avoir présenté ses respects, Ramananda s'assit lui-même auprès du Seigneur. Avant même que Son visiteur n'ait pu Lui poser la moindre question sur la poursuite du savoir spirituel, le Seigneur dit : " Cite-Moi quelques versets des Écritures traitant du but ultime de la vie humaine. "

Sri Ramananda répondit aussitôt : " La personne qui exécute sincèrement son devoir d'état développera graduellement sa conscience de Dieu. " Il cita dans ce contexte un passage du Visnu Pourana (3.8.9) selon lequel on adore le Seigneur Suprême en adhérant aux principes de son devoir d'état, et qu'il n'y a pas d'autre façon de Le satisfaire. Comprenons ici que la vie humaine a pour but de comprendre sa relation avec le Seigneur Suprême et d'agir conformément à cet entendement. Tout être humain peut se vouer au service du Seigneur en accomplissant ses devoirs prescrits ou en s'acquittant de ses obligations professionnelles. À cette fin, la société humaine peut être divisée en quatre groupes : les intellectuels (les brahmanas), les administrateurs (ksatriyas), la classe marchande (vaisyas) et la classe ouvrière (sudras). Sont prescrits pour chacune d'elles des règles et principes, ainsi que différents devoirs d'état. Les devoirs prescrits des quatre groupes sociaux sont fort bien décrits dans la Bhagavad-Gita (18.42 44), et toute société civilisée et organisée a intérêt à les respecter. Parallèlement, afin de favoriser l'évolution spirituelle, il convient en outre de respecter les quatre ashrams, à savoir la vie étudiante (brahmacarya), la vie de famille (grihastha), la retraite (vanaprastha) et le renoncement (sannyasa).

Ramananda Raya déclara alors que ceux qui adhèrent rigoureusement aux règles et principes propres à ces huit divisions sociales s'élèvent au plus haut niveau et satisfont effectivement le Seigneur Suprême, alors que ceux qui les ignorent gâchent leur vie humaine et glissent vers l'enfer. On peut de fait paisiblement atteindre le but de la vie humaine en observant les règles et principes propres à son état. Le caractère d'une personne se développe en effet par l'adhésion aux principes dictés par sa naissance, ses relations et son éducation. Car, les divisions sociales sont conçues de telle sorte que tout être humain, quelle que soit sa condition, puisse régler son existence de manière à vivre paisiblement en société tout en assurant son évolution spirituelle.

Les classes sociales peuvent être plus précisément définies comme suit : 1) ceux et celles qui cherchent à comprendre le Seigneur Suprême, Dieu, et qui, à cette fin, se consacrent à l'étude des Vedas et d'autres écrits semblables sont appelés des brahmanas; 2) ceux et celles qui ont choisi de faire emploi de la force ou d'exercer des fonctions gouvernementales sont des ksatriyas; 3) les agriculteurs, les éleveurs, les commerçants et les gens d'affaires sont des vaisyas; 4) ceux et celles qui ne sont spécialisés dans aucun domaine et qui se contentent de servir les trois autres classes sont des sudras. Cela dit, quiconque s'acquitte loyalement de ses devoirs prescrits est assuré d'évoluer vers la perfection. Ainsi une vie réglée est-elle gage de perfection pour tous, perfection qui culmine dans le service de dévotion au Seigneur. Sinon, l'existence n'est que pure perte de temps.

Après avoir entendu Ramananda Raya exposer la valeur d'une vie réglée, le Seigneur Caitanya lui fit remarquer qu'il ne s'agissait là que de considérations externes. Ce faisant, Il invitait indirectement Ramananda à énoncer quelque principe d'ordre supérieur, car l'exécution formelle des rites et des principes religieux s'avère inutile si elle ne culmine pas dans la perfection dévotionnelle. Le Seigneur Visnu ne peut en effet être comblé par la seule adhésion rituelle aux préceptes védiques; Il n'est satisfait que lorsqu'on adopte le service de dévotion.

Selon le verset cité par Ramananda Raya, on peut s'élever jusqu'à la dévotion par l'accomplissement des seuls rites propres aux divisions de la société. Dans la Bhagavad-Gita, Sri Krishna - venu en personne délivrer les gens de toute classe - déclare Lui-même que l'humain peut atteindre la plus haute perfection de l'existence en adorant le Seigneur Suprême, dont tout émane, par l'accomplissement de son devoir d'état : " La personne qui s'acquitte de son devoir d'état atteint la plus haute perfection. " (B.G., 18.45-46) Cette voie a d'ailleurs été adoptée par de grands dévots, dont Bodhayana, Tanka, Dramida, Guhadev, Kapardi et Bharuchi. Toutes ces grandes âmes ont emprunté cette voie particulière vers la perfection, que visent également les enseignements védiques. Ramananda Raya désirait exposer ces faits au Seigneur, mais il semble ici que l'exécution des devoirs rituels ne représente pas la perfection ultime. Par conséquent, le Seigneur Caitanya la qualifie d'externe ". Il veut ainsi souligner que l'humain habité par une conception matérielle de l'existence ne peut atteindre la plus haute perfection, et ce, même en répondant à toutes les règles prescrites. 

A SUIVRE...//...




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