Le but de la vie humaine

 




Le but de la vie humaine


Prendre conscience de sa nature spirituelle, des êtres qui nous entourent, de Dieu, du temps, de l'espace, etc...Voilà le véritable sens de la vie. Si nous passons notre temps à travailler pour améliorer nos conditions  d'existence qui sont : manger, dormir, s'accoupler et se défendre. Nous ne valons pas mieux que les animaux. Les animaux ont tout cela sans travailler jour et nuit. La vie humaine est faîte pour élever sa conscience au-delà  du concept matériel de l'existence qui consiste à nous faire croire que le moi est ce corps de matière périssable, sujet à la maladie, à la vieillesse puis finalement à la mort. L'origine de notre profonde angoisse se situe  exactement à ce niveau. La Bhagavad-Gita nous enseigne : dehino smin yata dehe, kaumaram yauvanam jara .... " A l'instant de la mort, l'âme prend un nouveau corps, aussi naturellement qu'elle est passée dans le  précédent de l'enfance, à la jeunesse puis à la vieillesse. Ce changement ne trouble pas qui a conscience de sa nature spirituelle." ( BG / 2 / 13 /) La forme humaine nous est donnée par le créateur pour comprendre ces  choses. Si nous demandons à un chien ou tout autre animal de lire la Bhagavad-Gita, il n'en fera rien. Seul l'homme peut lire et comprendre.



Pralhada enseigne ses amis de classe

Srimad-Bhagavatam, 7 ème chant / Chapitre 6

verset 1

Prahlada Maharaja déclara:

"Celui qui posséde suffisamment d’inteIligence doit utiliser son corps humain dès le début de sa vie —-autrement dit, dès sa plus tendre enfance—pour se livrer aux pratiques du service de dévotion et renoncer à toute autre forme d’occupation. ll est très rare d’obtenir un corps humain, et bien que celui-ci soit éphémère comme tous les autres corps, il revêt une importance particuliére parce qu’iI permet de pratiquer le service de dévotion. Or, même un soupcon de service de dévotion sincère peut conférer la perfection totale."

Sa Divine Srila Prabhupada explique :

Tout le but de la civilisation védique et de la lecture des Vedas consiste à atteindre la perfection du service de dévotion dans la forme humaine. C’est pourquoi, suivant la tradition védique, on doit, dès le début de son existence à partir de l'age de cinq, ans—, passer par l’étape du brahmacarya afin d’apprendre à modifier ses activités humaines pour atteindre la perfection du service de dévotion. La Bhagavad-gita (2.40) déclare a ce propos: svalpam apy asya dharmasya trayate mahato bhayat —“Le moindre progrès sur cette voie peut nous protéger contre la plus redoutable crainte.” La civilisation moderne, qui ne tient aucun compte des prescriptions des Ecritures védiques, se montre si cruelle envers les êtres humains qu’au lieu d’enseigner aux enfants à devenir des brahmacaris, elle enseigne aux rnères à tuer leurs enfants alors qu’ils se trouvent encore dans leur ventre, ceci sous prétexte de réduire l’accroissement démographique. Et si, par chance, cet enfant est épargné, on lui apprend uniquement à satisfaire ses sens. Peu a peu, partout dans le monde, l’homme perd tout intérét pour la perfection de l’existence. De fait, les gens vivent comme des chiens et des chats, gaspillant leur vie humaine et se préparant bel et bien a transmigrer vers les formes de vie les plus basses parmi les huit millions quatre cent mille (8 400 000) espèces. Le Mouvement pour la Conscience de Krishna désire profondément servir l’humanité en enseignant aux hommes la pratique du service de dévotion, ce qui peut les empécher de déchoir à nouveau dans des formes animales. Ainsi que Prahlada Maharaja l’a déja déclaré, le bagavata-dharma se définit en ces termes: sravanam kirtanam visnoh smaranam pada-sevanam / arcanam vandanam dasyam sakhyam atma-nivedanam. (SB. , 7.5.23) Dans toutes les écoles, les lycées et les universités, de mêrne qu’au foyer, tous les enfants et adolescents devraient apprendre à écouter ce qui a trait a Dieu, la Personne Suprême. Autrement dit, on doit leur transmettre les enseignements de la Bhagavad-gita, leur montrer comment les mettre en pratique dans la vie et ainsi s’affermir dans le service de dévotion, libre de toute crainte de déchoir vers une vie animale. L’observance du bhagavata-dharma a été rendue extrêmement facile dans cet âge de  Kali. Les sastras nous enseignent: 
harer nama harer nama, harer namaiva kevalamkalau nasty eva nasty eva, nasty eva gatir anyataIl suffit de chanter ou de réciter la maha-mantra Hare Krishna. Toute personne se livrant à cette pratique se purifiera complètement, au plus profond de son coeur, et sera délivrée du cycle des morts et des renaissances.


Verset 2

"La forme humaine offre à celui qui la possède une chance de retourner à Dieu en sa demeure originelle. Par suite, chaque être vivant, surtout au sein de l'espèce humaine, doit pratiquer le service de dévotion offert aux pieds pareil au-lotus de Sri Visnu. Cette activité est naturelle, car Visnu, le Seigneur Souverain, est l'être le plus cher, le maitre de l’âme et le bienfaiteur de tous les autres êtres."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique:

Le Seigneur déclare dans la Bhagavad-gita (5.29):bhoktaram yajna-tapasam, sarva-Ioka-mahesvaram, suhridam sarva-bhutanam, jnatva mam santim ricchati“Celui qui est pleinement conscient de Moi accède à la cessation. des souffrances matérielles parce qu’il sait que Je suis le bénéficiaire ultime de tous les sacrifices et de toutes les austérités, le souverain de tous les astres et de tous les devas, ainsi que l’ami et le bienfaiteur de tous les êtres vivants." La simple  compréhension de ces trois vérités —que le Seigneur Suprême, Visnu, est le maître de toute la création, qu’Il est le meilleur ami et bienfaiteur de tous les êtres et qu’Il a la jouissance suprême de toute chose— donne de vivre dans la paix et le bonheur. Pour trouver ce bonheur transcendantal, l’âme distincte a erré de par l’univers dans différentes formes de vie et sur différents systémes planétaires; mais parce qu’elle a oublié sa relation intime avec Visnu, elle n’a trouvé que souffrance, vie aprés vie. Aussi, l’éducation dispensée aux êtres humains devrait être si parfaite qu’elle leur permette de comprendre la relation intime qui les unit à Dieu, à Visnu. Chaque étre a une relation intime avec Dieu; Chacun devrait donc glorifier le Seigneur en L’adorant selon le santa-rasa ou raviver sa relation éternelle avec Visnu en tant que serviteur (dasya-rasa), ami .(sakhya-rasa),  parent (vatsalya-rasa) ou amant (madhurya-rasa). Toutes ces relations se placent sous le signe de l’amour. Visnu est au centre de l’amour de tous les êtres, si bien que le devoir de chacun est de servir le Seigneur avec amour. Voici les paroles mêmes du Seigneur: yesam aham priya atma sutas ca sakha guru}: suhrido daivam istam—dans quelque forme de vie que ce soit, nous sommes reliés à Visnu, qui est l'Ame suprême, le fils, l’ami et le guru. ( S.B., 3.25-38). Notre relation éternelle avec Dieu peut être ravivée lorsque nous avons forme humaine, et tel devrait être le but de l’éducation. C’est la perfection de l’existence et la perfection de l’éducation.  

Verset 3

"Mes chers amis, vous qui êtes tous issus de families d’asuras, le bonheur ressenti par le corps en contact des objets des sens peut être obtenu dans n'importe quelle forme de vie en fonction de nos actes passés. Ce bonheur survient automatiquement, sans que nous ayons à faire d’efforts pour I’obtenir tout comme cela se passe pour le malheur."

Explications de Sa Divine Grâce Srila Prabhupada: 

Dans l’univers matériel, au sein de toutes les espéces vivantes, il existe une certaine forrne de prétendus bonheur et malheur. Personne ne sollicite le malheur et son cortége de souffrances, mais cela ne les empéche pas de venir tout de même. De la rnéme facon, même si nous ne faisons aucun effort pour jouir des avantages que procure le bonheur matériel, nous les obtiendrons tout de même. Ce type de bonheur et de malheur est accessible dans toute forme de vie, et ne requiert pas d'effort particulier. Nous n'avons donc pas à gaspiller notre temps et notre énergie à lutter contre le malheur ou à peiner en vue du bonheur. La seule préoccupation de l’être humain doit être de raviver sa relation avec Dieu, la Personne Suprême, de façon à devenir digne de retourner à Lui, en sa demeure originelle. Le bonheur et le malheur matériels surviennent des que nous revétons un corps matériel, quel qu’il soit; nous ne pouvons en aucune circonstance y échapper. Par suite, le meilleur usage que nous puissions faire de notre vie humaine consiste à raviver notre relation avec le Seigneux Suprême, Visnu. 

verset 4

"Les efforts ne visant qu’à la satisfaction des sens ou au bonheur matériel résultant de l'accroissement des richesses doivent étre rejetés, car ils ne se tra-duisent finalement que par une perte de temps et d’énergie, sans apporter le moindre gain réel. Au contraire, celui qui oriente ses efforts vets la conscience de Krishna pourra certes atteindre le niveau sublime de la realisation spirituelle. Jamais la prospérité matérielle ne porte de tels fruits."


Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Nous voyons des matérialistes s’acharner au travail jour et nuit en vue d’accroître leurs richesses et de multiplier leurs biens matériels, mais même en supposant qu’ils retirent quelque avantage de ces efforts, cela ne résout pas pour autant le vrai probléme de leur existence. Ces gens-là ignorent d’ailleurs tout du vrai problème de la vie. Cela s’explique par un manque d’éducation spirituelle. Tout particuliérement a l’époque où nous vivons, les hommes sont plongés dans les ténébres, victimes d’une conception corporelle de l’existence; ils ne connaissent rien de l’âme spirituelle et de ses besoins. Fourvoyés par les dirigeants aveugles de la société, les gens considerent leur corps comme étant l’essentiel, et font tout pour lui assurer le confort matériel. Une telle civilisation est condamnée, car elle ne conduit pas l’humanité vers la connaissance du véritable but de la vie. Les gens perdent simplement leur temps de même que le don précieux qu’est la fonne humaine, car l’homme qui meurt comme un chien ou un chat, sans avoir cultivé la vie spirituelle, sera déchu lors de sa prochaine vie: a partir de la condition humaine, il se verra replongé dans le cycle perpétuel des morts et des renaissances. Il perdra ainsi le véritable avantage qu’offre la forme humaine: devenir conscient de Krishna et résoudre alors vraiment les problemes de la vie.

verset 5

"C’est pourquoi, tant qu’il demeure an sein de l’existence matérielle [bhavam asritah ], l’homme parfaitement capable de distinguer le bien du mal doit s'efforcer d’atteindre le but ultime de l’existence alors que son corps est suffisamment sain et vigoureux, sans attendre d’être opprimé par la maladie."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Comme l’enseigne Prahlada Maharaja au commencement de ce chapitre, kaumara acaret prajnah. Le mot prajna désigne l’homme d’expérience, à même  de distinguer le bien du mal. Celui-Ià ne doit pas gaspiller son énergie et sa précieuse vie humaine à peiner comme un vulgaire animal en vue d’améliorer sa situation matérielle. Il y a dans ce verset un terme qui peut s’interpréter de deux façons bhavam asritah ou bhayam asritah—, mais dans l’un ou l’autre sens, la conclusion reste la même. L’expression bhayam asritah indique que l’existense matérielle est toujours sous le signe de la peur, car on y rencontre le danger à chaque pas. Les matérialistes sont pleins d’angoisse et de crainte ( bhayam ). De même, si nous considérons l’expression bhavam asritah, le mot bhavam se rapporte à des soucis et des problémes inutiles. C’est par le manque de conscience de Krishna qu’une personne se trouve dans cette condition (bhavam), perpétuellement opprimée par la naissance, la maladie, Ia vieillesse et la mort. Il est alors certain qu’elle sera pleine d’angoisse. La société humaine doit étre organisée en un systéme social constitué par quatre groupes —les brahmanas, les ksatriyas, les vaisyas et les sudras—, mais tout le monde peut pratiquer le service de dévotion. Si quelqu’un désire vivre sans ce service de dévotion, son statut de brahmana, de ksatriya, de vasysa ou de sudra perd à coup sûr tout son sens. Il est écrit: sthanad patanty adhah —que l’on appartienne à un groupe inférieur ou supérieur, si l’on n’est pas conscient de Krishna, on ne peut que déchoir. C’est pourquoi l’homme sain d’esprit redoute toujours de choir de sa position. Il s'agit là en fait d’un principe sur lequel on doit se régler. Nous ne devons pas choir d'une position élevée. Nous pouvons atteindre le but suprême de la vie tant que nous possédons un corps suffisamment sain et vigoureux. Par suite, nous devrions vivre de façon à toujours nous maintenir en bonne santé et à conserver toutes leurs forces à nos facultés mentales et intellectuelles, afin de pouvoir distinguer le but de la vie d’une existence emplie de problémes. L'homme réfléchi doit agir dans ce sens, en apprenant à établir une distinction entre le bien et le mal, et atteindre ainsi au but de l’existence.

verset 6 

"Chaque être humain vit cent ans tout au plus, mais pour celui qui ne parvient pas a être maître de ses sens, la moitié de ces années est complétement perdue, car il dort des nuits de douze heures, completement enveloppé par l'ignarance. Ainsi une telle personne ne vit en réallté que cinquante ans."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Brahma, l’être humain et la fourmi vivent chacun cent ans, mais ces cent années n’ont pas la même durée pour l’un et l’autre. Ce monde est un monde relatif, et la perception du temps y est également relative. Aussi, les cent ans de Brahma n’ont-ils pas la même valeur que les cent ans de l’homme. La Bhagavad-gita (8.17) nous enseigne qu’une journée ou douze heures de Brahma vaut mille fois quatre millions trois cent vingt mille (4 320 O00) ans: sahasra-yuga-paryantam ahar yad brahmano viduh. Les mêmes cent ans (varsa-satam) peuvent donc avoir une valeur différente selon le temps, les personnes et les circonstances. En ce qui concerne les étres humains, les chiffres donnés ici s’appliquent aux gens en général. Bien que nous ayons la possibilité de vivre tout au plus jusqu’a cent ans, nous perdons cinquante ans dans le sommeil. Manger, dormir, avoir des rapports sexuels et se défendre sont les quatre besoins du corps, mais celui qui désire développer sa conscience spirituelle et tirer pleinement parti de toute la durée de son existence doit réduire ces activités. Voilà qui lui permettra d’utiliser pleinement la totalité de sa vie. 

verset 7

"La tendre enfance, on l’on est désorienté, dure dix ans, et les dix années suivantes sont passées à jouer et à folâtrer. Vingt ans sont ainsi perdus. Puis, une fois venue la vieillesse et avec elle l'invalidité, vingt autres années se perdent par incapacité d’accomplir même des activités matérielles."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Privé de la conscience de Krishna, l’être humain perd vingt ans dans sa jeu-nesse et vingt ans encore au cours de sa vieillesse, alors qu’il ne peut même plus agir matériellement et que l’angoisse le ronge à propos de ce que doivent faire ses fils et ses petits-fils ainsi qu’en ce qui concerne la protection de ses biens. La moitié de ces années s’écoule en sommeil. En outre, nous perdons trente ans de plus à dormir toutes les nuits pendant le reste de notre existence. Ce sont ainsi soixante-dix ans qui sont perdus pour celui qui ignore tout du but de l'existence et de la facon dont il doit utiliser sa forme humaine.

verset 8

"L'homme qui n'est pas maître de son mental et de ses sens s'attache de plus en plus à la vie de famille du fait de désirs insatiables et d'une très profonde illusion. Pour cet homme atteint de folie, les années qui restent sont aussi perdues, car même pendant cette période, il ne pratique pas le service de dévotion."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique : 

Voilà le bilan de cent années de vie. Bien que dans le présent âge il ne soit généralement pas possible de vivre cent ans, même si l'on atteint cet âge il faut compter que cinquante ans ont été perdus à dormir, vingt autres à jouer et à folâtrer, vingt autres encore en invalidité (jara-vyadhi). Ceci ne nous laisse que quelques années, mais du fait d'un attachement exagéré à la vie de famille, ces années s'écoulent également en vain, sans aucune conscience de Dieu. Il faut donc, dès le début de son existence, recevoir une formation de parfait brahmacari, puis lorsqu'on devient un grihastha, apprendre à maîtriser parfaitement ses sens en suivant les principes régulateurs. Après la vie de famille, il est impératif d'adopter la vie de vanaprastha, d'aller vivre dans la forêt, puis de se consacrer au sannyasa. C'est là la perfection de l'existence. Dès le début de leur vie, les ajitendriyas —ceux qui ne sont pas maîtres de leurs sens— n'apprennent qu'à satisfaire leurs sens, comme nous l'avons vu dans les pays d'Occident. De cette façon, c'est toute la durée de la vie, parfois même jusqu'à cent ans, qui est mal utilisée et perdue; puis, l'heure de la mort venue, on transmigre dans un autre corps, qui ne sera pas forcément humain. Au bout de cent ans, celui qui ne s'est pas comporté comme un être humain, qui n'a pas mené une vie de tapasya (d'austérité et de pénitence), devra à coup sûr renaître dans un corps de chat, de chien ou de porc. Une vie axée sur les désirs concupiscents et sur la satisfaction des sens présente donc de très grands risques. 

verset 9

"Comment un homme exagérément attaché à la vie de famille en raison de sa incapacité à se rendre maître de ses sens, pourrait-il se libérer lui-même ? En effet, il est très solidement retenu par les liens d'affection qui l'attachent à sa famille et ( à sa femme, à ses enfants et aux autres proches)." 

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :


Prahlàda Mahàraja formula sa première proposition en ces termes: kaumara acaret prajno dharman bagavatan iha —"Celui qui possède une intelligence suffisante doit utiliser la forme humaine dès le début de son existence, autrement dit dès sa plus tendre enfance, pour se livrer à la pratique du service de dévotion et renoncer à toute autre forme d'occupation." Les mots dharman bhagavatan se rapportent au principe religieux qui consiste à raviver notre relation avec Dieu, la Personne Suprême. A cet effet, Krishna recommande personnellement: sarva-dharman parityajya main ekan saranam vraja —"Laisse là tout autre devoir et abandonne-toi à Moi." Vivant dans !'univers matériel, nous nous inventons toutes sortes de devoirs au nom de nombreuses doctrines en "isme", mais notre vrai devoir est de se délivrer du cycle de la naissance et de la mort, de la vieillesse et de la maladie. Pour cela, mous devons tout d'abord nous libérer de la servitude matérielle, et plus particulièrement de la vie de famille. Celle-ci est une sorte de licence accordée aux personnes attachées à la vie matérielle pour qu'elles puissent satisfaire leurs sens suivant certains principes régulateurs. Autrement, il n'est nullement Besoin d'embrasser la vie de famille. - Avant de devenir grihastha, il faut recevoir une formation de brahmacari et vivre sous la tutelle du guru, dans ce qu'on appelle le guru-kula. brahmacâri guru-kule vasan danto guror hitam. (S.B., 7.12.1) Dès le début, le brahmacari apprend à tout sacrifier pour le guru. Il lui est recommandé de accueillir l'aumône de porte en porte, de s'adresser à toutes les femmes en lieur disant "mère", et de remettre à son guru tout ce qu'il peut collecter. De cette manière, il apprend à demeurer maître de ses sens et à tout sacrifier pour son guru. Lorsqu'il est parfaitement entraîné, s'il le désire il peut fonder ur foyer. Dès lors, il ne sera pas un grihastha ordinaire n'ayant appris qu'à satisfaire ses sens. Le grihastha convenablement formé peut graduellement se détacher de la vie de famille et aller vivre dans la forêt pour y devenir de plus en plus éclairé spirituellement avant d'adopter enfin le sannyasa. Prahlada Maharaja expliqua à son père que pour s'affranchir de toute angoisse matérielle, il est recommandé d'aller vivre dans la forêt. Hitvatma-patam griham andha-kupam: il faut apprendre à renoncer à son foyer, car il s'agit là d'un lieu où l'on s'enfonce graduellement dans les régions les plus ténébreuses de l'existence matérielle. La première recommandation est donc de renoncer à la vie de famille (griham andha-kupam). Cependant, si quelqu'un préfère demeurer dans ce puits sombre parce qu'il n'est pas maître de ses sens, il s'empêtre de plus en plus dans les liens de l'affection qu'il porte à son épouse, à ses enfants, ses serviteurs, sa maison, son argent et ainsi de suite. Un tel homme ne peut se libérer de la servitude de la matière. C'est pourquoi les enfants devraient apprendre dès le début de leur existence à être des brahmacaris modèles. Il leur sera alors possible de renoncer par la suite à la vie de famille. Pour retourner à Dieu, en sa demeure originelle, on doit être libéré de tout attachement matériel. C'est pourquoi le bhakti-yoga s'identifie au vairagya-vidya, cet art grâce auquel nous pouvons nous détourner des plaisirs matériels. vasudeve bhagavati bhakti-yogah prayojitah janayaty tasu vairagyam jnatmarn ca yad ahaitukam "En servant Sri Krishna, le Seigneur Suprême, avec amour et dévotion, on acquiert aussitôt, par grâce, le savoir et le détachement de ce monde." (S.B., 1.2.7) Celui qui pratique le service de dévotion dès le début de son existence accède facilement au vairagya-vidya, ou détachement (asakti), et devient jitendriya, c'est-à-dire maître de ses sens. On appelle donc gosvami ou svami —c'est-à-dire maître des sens— celui qui accomplit parfaitement le service de dévotion. A moins d'être maître de ses sens, nul ne devrait opter pour l'ordre du renoncement, le sannyasa. Une forte attirance pour les plaisirs des sens est à l'origine du corps matériel. Or, à moins de posséder le parfait savoir, nul ne peut se détacher des plaisirs de ce monde, et tant que l'on n'a pas atteint ce stade, on n'est pas apte à retourner à Dieu, en sa demeure originelle. 

verset 10

"L'argent est si cher au coeur de l'homme, qu'il le considère comme plus doux que le miel. Dès lors, qui pourrait renoncer au désir d'accumuler des richesses, surtout dans le cadre de la vie de famille? Les voleurs, les mercenaires et les marchands tentent d'ailleurs d'en obtenir au risque même de leur vie, qui leur est pourtant si chère."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Il ressort de ce verset que l'argent peut être plus cher à un homme que sa propre vie. Un voleur, par exemple, s'introduira chez un homme riche pour voler de l'argent au risque de sa vie. En effet, en violant la propriété d'autrui, il peut se faire tuer par un homme armé, ou être attaqué par des chiens de garde, mais cela ne l'empêche pas de tenter un cambriolage. Pourquoi risque-t-il ainsi sa vie? Uniquement pour obtenir de l'argent. De même, un mercenaire s'engage dans l'armée, et il y joue son rôle au risque de mourir sur le champ de bataille, toujours par amour de l'argent. Il y a aussi les hommes à l'esprit mercantile qui franchissent les océans pour se rendre d'un pays à un autre, risquant ainsi chaque fois leur vie; d'autres plongent même dans les mers pour y recueillir des perles et des pierres précieuses. La preuve en est donc faite -et tout le monde l'admettra: l'argent est plus doux que le miel. On est prêt à tout risquer pour en obtenir, et cela est d'autant plus vrai pour les hommes riches qui sont exagérément attachés à la vie de famille. Autrefois naturellement, les membres des groupes supérieurs de la société -les brahmanas, les ksatriyas et les vaisyas (tous sauf les sudras) étaient instruits au guru-kula, où ils apprenaient le renoncement et la maîtrise des sens en pratiquant le brahmacarya et l'astanga-yoga. C'est seulement après qu'ils pouvaient opter pour la vie de famille. Il y eut ainsi de nombreux exemples de grands rois et d'empereurs qui renoncèrent à la vie de famille. Malgré leur extrême opulence et la souveraineté dont ils jouissaient sur leur royaume, ils purent renoncer à toutes leurs possessions parce qu'ils avaient reçu une formation de brahmacari au cours de leur jeunesse. La recommandation de Prahlada Maharaja s'avère donc tout à fait appropriée:

 
kaumara acaret prajno
dharman bhagavatan iha
durlabham manusam janma
tad apy adhruvam arthadam

 

"L'homme qui possède suffisamment d'intelligence doit utiliser son corps dès le début de sa vie -autrement dit, dès sa plus tendre enfance- pour se livrer aux pratiques du service de dévotion et renoncer à toute autre forme d'occupation. Il est très rare d'obtenir un corps humain et bien que celui-ci soit éphémère comme tous les autres corps, il revêt une importance particulière parce qu'il permet de pratiquer le service de dévotion. Or, même un soupçon de service de dévotion sincère peut conférer la perfection totale." (S.B.,7.6.1) La société humaine devrait tirer parti de cette instruction.

versets 11-13

"Comment un homme ressentant une si grande affection pour sa famille, revoyant toujours en son coeur l'image de ceux qui lui sont chers, pourrait-il y renoncer? La femme, surtout, se montre toujours bienveillante et bien disposée envers son mari, et s'efforce de le satisfaire dans l'intimité. Qui renoncerait à la compagnie d'une épouse aussi chère et aimante? Les jeunes enfants s'expriment par des mots sans suite, très agréables à entendre, et leur père affectueux ne cesse de penser à leur doux babil. Comment pourrait-il se séparer d'eux? Ses parents âgés, de même que ses fils et ses filles, lui sont aussi très chers. Une fille est tout particulièrement chère à son père, et lorsqu'elle s'en va vivre avec son mari, il pense toujours à elle. Qui pourrait renoncer à ces liens affectueux? En outre, le foyer est empli d'ornements et de meubles, de même que d'animaux et de serviteurs. Qui parviendrait à renoncer à ce confort? Le chef de famille, prisonnier de son attachement, est comme un ver à soie qui tisse un cocon dont il devient prisonnier, sans possibilité d'en sortir. Pour la seule satisfaction de deux organes importants les organes génitaux et la langue, on s'enchaîne aux conditions matérielles. Comment pourrait-on y échapper?"


Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :


Le premier attrait de la vie de famille prend la forme d'une ravissante et agréable épouse, qui fait d'ailleurs croître de plus en plus l'attirance qu'exerce le foyer. On tire plaisir de sa compagnie grâce à deux principaux organes, à savoir la langue et les organes génitaux. La femme sait tenir de doux propos, ce qui ne manque pas d'exercer un certain charme. Ensuite, elle prépare des mets délicieux pour satisfaire la langue, et lorsque la langue est satisfaite, les autres organes des sens s'en trouvent fortifiés, tout particulièrement les organs génitaux. C'est alors que 1'épouse procure une autre sorte de plaisir, sous forme de rapports sexuels. La vie de famille est d'ailleurs synonyme de vie sexuelle (yan maithunadi-grhamedhi-sukham hi tuccham). Or, cette activité est encouragée par la langue. Viennent ensuite les enfants. Tout jeunes, ils procurent de grandes joies par leur doux babil et leur langage maladroit, et lorsque les garçons et les filles grandissent, on doit s'occuper de leur éducation et de leur mariage. Ensuite, il faut prendre soin de ses propres père et mère, se soucier de ses rapports sociaux et entretenir de bonnes relations avec ses frères et soeurs. L'homme s'enlise ainsi de plus en plus dans des préoccupations d'ordre familial, tant et si bien qu'il devient quasiment impossible de s'en défaire. C'est alors que le foyer devient un puits sans fond (grham anda-kupam) pour l'homme qui y est tombé. Il lui est alors extrêmement difficile d'en sortir à moins d'être aidé par quelqu'un de fort, le maître spirituel, qui tend à l'âme déchue la corde solide de ses instructions spirituelles. Celui qui est tombé au fond de ce puits doit saisir cette corde, pour que le maître spirituel, ou le Seigneur Suprême en personne, Krsna, le tire hors de ce puits sombre.

verset 14

"L'homme qui s'attache exagérément ne comprend pas qu'il gaspille sa vie si précieuse pour subvenir aux besoins de sa famille. Il ne parvient pas davantage à comprendre que le but de la vie humaine, laquelle permet de réaliser la Vérité Absolue, lui échappe imperceptiblement. Néanmoins, il veille avec beaucoup d'attention à ne pas perdre un seul centime par suite d'une erreur de gestion. Ainsi, bien que l'homme attaché à la vie matérielle soit constamment exposé aux trois formes de souffrance, il n'en est pas dégoûté pour autant.

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

L'insensé n'entend rien aux valeurs de la vie humaine; il ne comprend pas davantage qu'il gaspille sa vie pourtant si précieuse en la passant tout entière à entretenir les membres de sa famille. Il est expert lorsqu'il s'agit de calculer combien de centimes il a perdus, mais il est si stupide qu'il ignore combien d'argent il perd vraiment, même compte tenu de considérations matérielles. Car, comme l'explique Canakya Pandita, on ne peut racheter un seul moment de sa vie, même contre des millions et des millions de francs. L'insensé gaspille ainsi sa précieuse existence sans avoir conscience des pertes réelles qu'il subit, même d'un point de vue strictement monétaire. Bien que le matérialiste se révèle fort habile dans les affaires et les calculs de prix, il ne se rend pas compte qu'il dilapide sa vie -son bien le plus précieux- par manque de connaissance. Toutefois, même si un tel matérialiste subit constamment les trois formes de souffrance, it n'est pas suffisamment intelligent pour mettre fin à son mode de vie matérialiste.

verset 15

"Si un homme trop attaché à ses devoirs familiaux ne parvient pas à être maître de ses sens, il sera juste absorbé au plus profond de son coeur dans des questions d'argent. Même s'il sait que celui qui s'approprie les biens d'autrui tombe sous le coup des lois de l'Etat, puis de celles de Yamaraja après la mort, il continue de tromper les autres pour s'enrichir."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

 
De nos jours surtout, les gens ne croient pas à une vie future, ni au tribunal de Yamaraja et aux divers châtiments qui sont réservés au pécheur. Toutefois, il faut au moins savoir que celui qui trompe autrui pour acquérir de l'argent sera puni conformément aux lois de l'Etat. Quoi qu'il en soit, les gens ne se soucient plus des lois, pas plus de celles qui régissent notre vie présente que de celles qui s'appliquent à la prochaine. Quelles que soient les connaissances que l'on possède, on ne peut mettre fin à ses activités coupables si l'on est incapable d'être maître de ses sens.

verset 16

 "Mes amis, fils d'asuras, dans cet univers matériel, même ceux qui semblent posséder un haut niveau d'instruction ont tendance à penser: "Ceci est à moi, et cela est pour les autres." Ils s'emploient sans fin à pourvoir aux besoins du cercle restreint de ceux qu'ils considèrent comme leur famille, comme c'est d'ailleurs le cas pour les chats et les chiens, dépourvus de toute instruction. Ils sont incapables de saisir le savoir spirituel; au contraire, ils restent dans la confusion et l'ignorance."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Dans la société humaine, on s'efforce d'éduquer les gens, mais chez les animaux, il n'existe aucune institution à cette fin car, les animaux ne peuvent être éduqués. C'est pourquoi les animaux et les hommes privés d'intelligence sont dits vimudhas, ou ignorants, illusionnés, par contraste avec les êtres instruits, qualifiés de vidvan. Le véritable vidvan est celui qui s'efforce de comprendre sa propre position dans cet univers matériel. A titre d'exemple, lorsque Sanatana Gosvami s'abandonna aux pieds pareils-au-lotus de Sri Caitanya Mahaprabhu, sa première question fut 'ke ami', 'kene amaya jare tapa-traya'; autrement dit, il désirait connaître sa nature originelle et éternelle, ainsi que la raison d'être des trois sortes de souffrance inhérentes à l'existence matérielle. Tel est le véritable processus de l'éducation. Si quelqu'un ne se demande pas "Qui suis-je? Quel est le but de mon existence?", mais adopte au contraire les même habitudes animales que les chats et les chiens, à quoi lui sert son éducation? Pour reprendre l'image du verset précédent, l'être vivant s'enchaîne par ses actes intéressés, de la même façon que le ver à soie s'emprisonne dans le cocon qu'il a lui-même tissé. Les gens dépourvus de bon sens sont généralement asservis par leurs actes intéressés (karma) à cause de leur intense désir de jouir de cet univers matériel. Séduits comme ils le sont par les plaisirs matériels, ils se trouvent impliqués dans la vie sociale, communautaire et nationale, et gaspillent ainsi leur temps sans avoir profité de la forme humaine qu'ils ont obtenue. Tout particulièrement dans l'âge où nous vivons, le kali-yuga, les dirigeants importants, les politiciens, les philosophes et les hommes de science se livrent tous à des actes insensés, en pensant: "Ceci est à moi, et cela est à vous." Les savants inventent des armes nucléaires et collaborent avec les grands dirigeants pour protéger les intérêts de leur propre nation ou de la société dans laquelle ils vivent. Cependant, notre verset déclare clairement qu'en dépit de toutes leurs prétendues connaissances, ils possèdent en fait la même mentalité que les chats et les chiens. Ces animaux, comme les autres, ignorent leur véritable intérêt dans la vie, et s'enlisent de plus en plus profondément dans l'ignorance; de même, les hommes qui se disent instruits mais qui ignorent leur intérêt véritable ou le but réel de l'existence, ne font que s'enliser toujours davantage dans le matérialisme. C'est pourquoi Prahlada Maharaja recommande à tous de se conformer aux principes du varnasrama-dharma, et tout spécialement de renoncer à la vie de famille le moment venu pour adopter l'ordre du renoncement, cultiver le savoir spirituel et par là atteindre la libération. C'est ce qu'expliquent en détail les versets qui suivent.

versets 17-18

 "Mes chers amis, fils d'asuras, il est certain que jamais et nulle part un homme ignorant tout de Dieu, la Personne Suprême, n'a pu s'affranchir de la servitude de la matière. Au contraire, les gens qui sont dans ce cas restent prisonniers des lois matérielles. Ils nourrissent un attachement profond pour les plaisirs des sens, et la femme est au centre de leur existence; en fait, ce sont de véritables jouets entre les mains des femmes séduisantes. Victimes de cette conception particulière de l'existence, ils s'entourent d'enfants, de petits-enfants et d'arrière-petits-enfants, jusqu'à être ainsi complètement enchaînés à l'existence matérielle. Ceux qui s'attachent profondément à cette conception de la vie sont appelés asuras. Par suite, bien que vous soyez issus de tels êtres démoniaques, ne les fréquentez pas et cherchez refuge auprès du Seigneur Souverain, Narayana, Lui qui est la source de tous les devas, car le but ultime visé par les dévots de Narayana est d'être délivrés de la servitude de l'existence matérielle."

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique :

Prahlada Maharaja a déjà démontré le point de vue philosophique selon lequel il faut sortir du piège profond de la vie de famille et aller vivre dans la forêt pour y chercher refuge aux pieds pareils-au-lotus de Dieu, la Personne Suprême (hitvatma-patam grham andha-kupam vanam gato yad dharim asrayeta). Or, dans ce verset, il insiste également sur ce point. Au cours de l'histoire de l'humanité, personne, à aucun moment ni en aucun lieu, n'a obtenu la libération en nourrisant une affection et un attachement excessifs pour sa famille. Cet attachement prévaut même chez ceux qui sont apparemment très instruits. Même une fois devenus vieux ou invalides, ils ne parviennent pas à trancher les liens familiaux, car ils sont attachés au plaisir des sens. Comme nous l'avons déjà expliqué à plusieurs reprises: yan maithunadi-grhamedhi-sukham hi tuccham -ceux qu'on désigne communément sous le nom de chefs de famille sont simplement attirés par les plaisirs de la chair. Ils s'emprisonnent ainsi dans la vie de famille, et veulent ensuite que leurs enfants fassent de même. Devenant de véritables jouets entre les mains des femmes, ils glissent vers les plus sombres régions de l'existence matérielle. Adanta gobhir visatam tamisram punah punas carvita-carvananam. Parce qu'ils sont incapables de maîtriser leurs sens, toute leur vie se passe en quelque sorte à mâcher le déjà mâché, ce qui les entraîne vers les plus ténébreuses régions de ce monde. Il faut rejeter la compagnie de ces asuras pour rechercher celle des bhaktas. C'est ainsi qu'on pourra s'affranchir de l'enchaînement à la matière.

VERSET 19

Chers fils d'asuras, le Seigneur Souverain, Narayana, est l'Ame Suprême originelle, le père de tous les êtres vivants. Rien ne peut donc nous empêcher de Le satisfaire ou de L'adorer quelle que soit notre condition, que l'on soit un enfant ou un vieillard. La relation unissant les êtres à Dieu, la Personne Suprême, demeure à jamais une réalité de telle sorte qu'il n'est nullement difficile de plaire au Seigneur.

Sa Divine Grâce Srila Prabhupada explique : 

On pourrait demander: "Il est certain que l'on s'attache beaucoup à la vie de famille, mais si l'on rejette celle-ci pour s'attacher au service du Seigneur, on devra faire autant d'efforts et rencontrer les mêmes difficultés. Quel avantage y a-t-il donc à prendre la peine de servir le Seigneur?" Ce n'est pas là une objection valable... Le Seigneur affirme dans la Bhagavad-gita (14.4):

 sarva yonisu kaunteya

murtayah sambhavanti yah
tasam brahma mahad yonir
aham bija-pradah pita

 "Comprends cela, ô fils de Kunti, que toutes les espèces de vie procèdent du sein de la nature matérielle, et que J'en suis le père, Celui qui donne la semence." Le Seigneur Suprême, Narayana, est le père de tous les êtres, car tous font partie intégrante de Lui (mamaivamso...jiva-bhutah). Tout comme il n'est pas difficile d'établir une relation entre père et fils, il n'y a pas plus de difficulté à rétablir la relation naturelle et intime qui unit Narayana et les êtres vivants. Svalpam apy asya dharmasya trayate mahato bhayat: Narayana est toujours prêt à sauver du plus grand danger celui qui fait ne serait-ce qu'un seul pas sur la voie du service de dévotion. Le meilleur exemple en est Ajamila. Celui-ci s'était écarté du Seigneur Souverain en accomplissant nombre d'actes répréhensibles, et il avait été condamné par Yamaraja à recevoir un châtiment très sévère; mais pour avoir prononcé le Nom de Narayana à l'heure de la mort, alors qu'il n'appelait même pas le Seigneur Suprême mais son fils nommé Narayana, il fut sauvé des mains de Yamaraja. Par suite, satisfaire Narayana ne demande pas autant d'efforts que satisfaire sa famille, sa communauté ou son pays. Nous avons vu d'importants chefs politiques assassinés à cause d'une légère erreur. Il en ressort qu'il est extrêmement difficile de plaire à la société, à la famille, à la communauté ou à la nation, mais qu'il n'y a aucune difficulté à satisfaire Narayana; cela est très facile.

Notre devoir est de raviver notre relation avec Narayana. Le moindre effort dans ce sens se traduira par une réussite, tandis qu'on ne parviendra jamais à satisfaire notre prétendue famille, société ou nation, même si on devait pour cela sacrifier sa vie. Le simple effort consistant à pratiquer le service de dévotion, en écoutant et en chantant les Saints Noms du Seigneur (sravanam kirtanam visnoh), peut nous permettre de réussir à satisfaire Dieu, la Personne Suprême. C'est pourquoi Sri Caitanya Mahaprabhu a répandu Ses bénédictions en déclarant: param vijayate sri-krsna-sankirtanam -"Gloire au sankirtana de Sri Krsna!" Si l'on veut pleinement tirer parti de sa forme humaine, on doit adopter le chant des Saints Noms du Seigneur.

A suivre ...//...